Les origines du corps sauvage dans l’imaginaire occidental

Thomas, Jérôme (Articol)

“Les Espagnols débarquèrent sur le sol américain pétris de représentations et de stéréotypes hérités e l’Antiquité et de l’époque médiévale. Leur conception de l’altérité et leurs rapports aux populations amérindiennes n’étaient pour eux envisageable qu’à travers le prisme d’images et de schémas mentaux très fortement ancrés dans leur inconscient. L’Indien, figure emblématique de l’altérité et de l’exotisme, surgit soudainement et fut affublé de toutes les panoplies physiques même s’il ne faut pas oublier que l’Afrique, l’Asie avaient déjà été l’objet d’explorations, d’interrogations et de confrontations avec leurs habitants. Dans cet article, nous nous intéresserons à une figure spécifique, celle du corps sauvage, une des trois catégories médiévales avec les monstres et la graduation de l’humanité du Nègre jusqu’aux Européens. Comment, dans l’iconographie, furent appliquées aux Indiens les catégories médiévales liées aux representations d’hommes sauvages. Les artistes européens se retrouvèrent confrontés à des problèmes de représentation a priori insolubles en particulier ceux concernant la pilosité indienne. Alors que l’un des signes forts de la sauvagerie était, pour les européens, une forte pilosité, les colonisateurs firent face à des populations imberbes qui «traquaient» le poil. Nous verrons de quelle manière les graveurs et dessinateurs s’adaptèrent à cette situation en suivant ce questionnement: comment s’est construite cette nouvelle altérité amérindienne au début du XVIe siècle.”

Cuvinte cheie: Amérique, corps, home sauvage, Indiens, and stéréotypes

Revista de etnografie și folclor / Journal of Ethnography and Folklore

2015, nr. 1-2, p. 91-130